Archive for the 'Life in China' Category

Souvenirs de Chine (2)

Saturday, July 14th, 2007

- Dans les restaurants ou même par tradition quand on est invité chez quelqu’un, on se fait souvent servir de l’eau bouillie. Ça fait un peu bizarre au début et c’est franchement pas très bon mais c’est plus ou moins la tradition et ça permet de boire une eau garantie sans bactéries…

- Où j’étais il y avait une trentaine de chaînes de télévision parmi lesquelles des chaînes nationales et des chaînes locales (jiangsu-tv). Notamment il y a la CCTV (China Central Television) qui se décline en plusieurs chaînes dont une chaîne cinéma, une chaîne sport et une chaîne en langue anglaise.

- Il y a un Canadien appelé “Dashan” archi connu en Chine qui parle super bien Chinois. On voit d’ailleurs pas mal d’étrangers donner des cours d’anglais à la télé. Les cours d’anglais sont à la mode en Chine. Il faut savoir parler anglais, ou plutôt l’anglais AMÉRICAIN.

- Les Chinois, tout comme les Japonais, ont l’air de ne pas trop aimer le sucré si bien qu’on me demandait souvent “est-ce que tu aimes le sucré ?” ou bien j’entendais souvent des Chinois dire “c’est trop sucré !”. Ça m’a beaucoup surpris ! Différence de culture ?

- Les Chinois feraient-ils plus souvent la cuisine que les Chinoises ? Je ne compte pas le nombre de fois où une Chinoise m’a demandé si je savais cuisiner. Ça a l’air d’être très important pour le choix d’un mari :-). Une explication est aussi qu’avec la politique de l’enfant unique, les enfants sont souvent des enfants-roi et sont surprotégés. Il arrive donc souvent que les jeunes Chinoises soient incapables de se préparer à manger.

Soit dit en passant, la politique de l’enfant unique soulève de plus en plus de critiques au sein des Chinois car c’est une politique des plus inégalitaires. Pour contraindre les couples à n’avoir qu’un enfant, les couples doivent payer de lourdes amendes lorsqu’ils ont un deuxième enfant et il est plus difficile pour le deuxième enfant d’aller à l’école, d’entrer à l’université etc… Évidemment, les couples les plus riches peuvent se permettre de payer ce genre d’amende. Bien entendu, certains croient fortement en le bien-fondé de cette règle ou veulent tout simplement respecter la loi et donc n’ont qu’un seul enfant. Pour “récompenser l’effort consenti”, deux enfants uniques ont le droit d’avoir ensemble deux enfants!

- L’un des meilleurs moments que j’ai passé en Chine était ce magnifique coucher de soleil à Nankin. J’étais en train d’attendre seul mon train lorsqu’un Chinois est venu me voir pour discuter avec moi. Les Chinois sont souvent attirés par les occidentaux et beaucoup n’ont probablement pas le courage de faire le premier pas. Mais la gigantesque population chinoise fait que les étrangers sont quand même beaucoup abordés :-). Pour ma part, j’ai abordé très peu de Chinois de moi-même et j’ai toujours été très content d’être abordé de la sorte. Les Chinois sont très curieux, posent beaucoup de questions sur la France et c’est une excellente occasion de pratiquer le Chinois! Souvent, quand une personne a eu le courage de vous aborder, on voit rapidement d’autres personnes arriver autour, profitant de l’occasion, peut-être mises en confiance par la présence du premier arrivé :-)

Souvenirs de Chine

Saturday, April 7th, 2007

Comme je n’ai pas beaucoup écrit quand j’étais en Chine, je vais essayer d’écrire un peu quand des anecdotes me reviennent. En voici quelques-unes en vrac :

- Il arrive souvent que les Chinois appellent une autre personne “oncle”, “tante”, “grand/petit frère”, “grande/petite soeur” même s’ils n’ont aucun lien de famille entre eux… Ce sont des surnoms affectifs. On retrouve un peu la même chose en Corée et au Japon. Si on le sait pas, on pourrait croire que ces personnes ont un lien de famille entre elles alors que ce n’est pas du tout le cas ^^'’ !

- Dans les cybercafés en Chine, on voit souvent des jeunes regarder des films devant leur écran d’ordinateur. La raison pour cela est que peu de films occidentaux sont autorisés à être projetés dans les salles de cinéma et donc le choix se limite souvent aux films chinois et hongkongais. Les cybercafés sont donc un bon moyen d’accéder à un plus large choix et à la culture occidentale.

- On voit souvent des couples ensemble sur un vélo. Le garçon pédale et la fille est assise sur le porte-bagage. Plutôt romantique ^^'’.

- Il est très fréquent de voir deux filles se donner la main dans la rue. Cela ferait un peu lesbien en France mais c’est tout à fait accepté en Chine. Cela signifie seulement qu’elles sont de très bonnes copines. Encore une fois, je pense que c’est la même chose en Corée et au Japon. Dans une moindre mesure, on peut parfois voir deux hommes, chacun avec le bras sur l’épaule de l’autre.

- En général, dans les restaurants pas trop chers, les Chinois commandent et payent tout de suite avant de commencer le repas.

- Contrairement à la croyance populaire et si on en croit mes amis chinois, peu de Chinois mangent de la viande de chien… Beaucoup trouvent même cela complètement horrible.

- Vers 17h le soir, devant des restaurants, j’ai souvent vu des réunions se dérouler. Les employés, en uniforme, sont tous alignés et devant eux, le manager leur donne les instructions de la soirée. On a du mal à comprendre si cela vient de l’influence capitaliste/manageriale ou plutôt de l’esprit communiste. ;-)

L’inter-net fragile ?

Sunday, January 21st, 2007

Le 26 décembre dernier, un tremblement de terre d’une magnitude de 7,1 sur l’échelle de Richter s’est produit près des côtes taïwanaises. Outre tuer 46 personnes et blesser des dizaines d’autres, ce tremblement de terre, dont les média français ont peu parlé, a eu pour effet de couper six câbles à fibre optique reliant l’Asie et le monde extérieur. Ces câbles à très haut débit prenaient en charge 90% du trafic internet. Les connexions depuis la Chine avec des serveurs situés aux États-Unis ou en Europe sont donc devenues extrêmement lentes.

Les tables de routage ont bien sûr été mises à jour afin que les paquets puissent être reroutés mais les liaisons restantes étaient de moins bonne qualité et en nombre insuffisant. Les liaisons satellitaires sont quant à elles coûteuses et moins performantes que les câbles sous-marins. Cela montre la relative fragilité du réseau internet qui a pourtant été conçu à l’origine pour être sûr. Cela montre aussi la dépendance de l’Asie en matière d’internet avec les États-Unis, à l’heure de l’ère de l’information. Un continent entier et 60% de la population mondiale dépendant de six « petits câbles » !

Câbles internet sous-marins en Asie

En plus des dégâts matériels directs, cette panne coûte aussi beaucoup d’argent aux entreprises qui voient leurs opérations ralenties. La majorité des banques asiatiques a ses serveurs situés à Honk-Kong ou Singapour. Avec les connexions internet coupées, un certain nombre de banques, notamment en Corée, ont été contraintes de suspendre leurs services.

Les réparations ont commencé depuis plus d’un mois mais plusieurs mois seront nécessaires pour que les choses reviennent totalement à la normale. En effet, les réparations sont des opérations de génie civil compliquées. Elles peuvent parfois avoir lieu à plus de 1000 mètres en dessous de la surface de la mer.

Pour ma part, les connexions étant extrêmement lentes, je n’ai pas pu mettre à jour ce journal et je suis maintenant de retour en France ;-) Bon globalement je n’ai pas été un bon blogueur expatrié. Non pas que j’ai peu de choses à raconter mais chaque poste demande pas mal de temps et j’ai finalement pas trop la verve du blogueur on va dire… Mais bon, je posterai peut-être encore quelques posts sur la Chine, bien que je sois rentré !

Hélène et les Chinois

Tuesday, December 26th, 2006

La chanson française la plus connue en Chine (du moins, parmi les jeunes de mon âge) est sans nul doute : « Je m’appelle Hélène » (par Hélène, de Hélène et les garçons).

On m’en a parlé à de très nombreuses reprises ! Assez incroyable je dois dire… ! O_O

La première fois qu’une Chinoise m’a demandé si « je connaissais Hélène », j’ai mis un peu de temps à faire le rapprochement et j’ai été bien surpris quand je l’ai entendu chanter : elle connaissait les paroles et les prononçait très bien ! (Je doute qu’elle comprenait ce qu’elle chantait par contre… ;-))

Apparemment les Chinois trouvent que la mélodie est très jolie et que le Français a une jolie sonorité (on me le dit souvent aussi).

J’avais pas trop envie de leur dire que tout le monde l’avait oubliée en France même si, avouons-le, sa série a bercé l’enfance de pas mal d’entre nous… C’est marrant toutes ces stars oubliées en France qui continuent d’avoir du succès en Asie…

Pictures from China updated

Monday, December 4th, 2006

I updated my gallery of pictures from China. It now features pictures from Dalian (a nice city in the north-east), Nanking (”capital of the south”), Peking (or more precisely from the Forbidden City), Shanghai (the most modern city in China), Suzhou (which is said to be the oriental Venice), Wuxi (where I live) and Yangzhou (hometown of former Chinese president Jiang Zemin).

http://www.mblondel.org/photos/public/Chine/

Nom chinois, nom français

Wednesday, November 22nd, 2006

Lorsque j’étais à Dalian, les Chinois étudiant le français avaient tous un prénom français (qu’ils utilisent en cours et quand ils rencontrent des français). C’est l’occasion pour eux d’avoir le pouvoir de choisir leur propre prénom (une revanche sur ses parents quand on n’aime pas son propre prénom, peut-être ;-)) et je suppose que c’est chouette pour eux d’avoir un prénom à l’occidentale. C’est peut-être aussi une manière pour leur prof de les motiver et les intéresser. Il y avait donc un Benjamin, une Rosalie, une Laura etc…

Mais personnellement, cela me gênait un peu car je ne pouvais m’empêcher de penser que c’est ridicule et totalement impersonnel d’appeler Benjamin un Chinois qui s’appelle Peng-Peng. Par ailleurs, cela n’encourage pas à retenir le vrai prénom des gens si bien qu’au final on ne connaît même pas le vrai prénom des personnes que l’on a côtoyées.

Dans l’entreprise où je fais mon stage, c’est la même chose mais en Anglais. Il y a un Peter, un John, un Adrian etc… Et chacun a l’air de connaître le nom anglais de tout le monde…

Les Français apprenant le Chinois aiment aussi avoir leur nom Chinois. On peut retranscrire son vrai nom en caractères chinois (qui auront bien sûr une jolie signification) ou s’inventer un nom qui sonne chinois, avec des caractères qui reflètent sa personnalité.

Pour ma part, je n’y ai jamais prêté vraiment attention jusqu’à que, dans le train pour Wuxi, une famille me demande quel est mon prénom chinois. Comme je n’en avais pas, leur petit garçon, qui apprend à lire et écrire cette année, a retranscrit mon nom en caractères chinois. Il a utilisé pour cela 马休. Cela se prononce “machiou” (pinyin: maxiu). Il n’existe pas de son en Chinois pour retranscrire mon nom plus précisément. D’ailleurs, il est difficile pour un chinois de le prononcer correctement. Les caractères employés figurent parmi les premiers qu’un enfant (ou un étudiant étranger ^^) apprendra et veulent dire cheval et repos respectivement. Bref, pas super joli ;-)

Arrivé à Wuxi, on m’a demandé à l’entreprise mon nom chinois pour l’afficher sur mon bureau. Sans trop d’idées, j’ai donc dit 马休, ce qui a achevé d’en faire mon prénom chinois. Certains ont rigolé en disant que mon nom voulait dire 马上休息 (« se repose tout de suite ») ! Maintenant, ironiquement, quand on me demande comment écrire mon nom chinois, je dis « c’est le ma de 马上 et le xiu de 休息» et peu de gens relèvent… ;-) (En chinois, comme un même son peut être retranscrit par des dizaines de caractères, on utilise un mot composé de ce caractère pour l’identifier. Ainsi en disant, le ma de 马上, on est sûr que ce ma est 马).

Sinon, quelques infos sur les noms chinois. La grande majorité des chinois a un nom de famille d’une syllabe et un prénom de deux syllabes (une syllabe = un caractère). On imagine donc que de nombreux chinois ont le même nom. Peut-être la raison pour laquelle j’ai l’impression qu’en Chine, il est assez fréquent d’utiliser le nom complet pour se référer à quelqu’un. Le nom de famille est toujours placé avant le prénom. Ainsi Hu Jintao (président actuel) a pour nom Hu et prénom Jintao. Parfois les journalistes occidentaux se trompent en disant “le président Jintao”. C’est comme si on parlait du “président Jacques” pour parler de Jacques Chirac ;-) La signification du caractère utilisé pour le nom n’est pas très importante. Par exemple, le Mao de Mao Zedong veut dire “poil”. Par contre, les parents ont toujours à coeur de choisir de jolis caractères pour le prénom.

Le Royaume des vélos

Friday, October 20th, 2006

Les routes chinoises ont rarement moins de deux voies et les nombreuses voitures impressionnent par leurs ballets incessants. Pourtant il ne faut pas oublier que posséder une voiture reste un grand luxe pour une grande majorité de Chinois…


Le garage à vélos de mon entreprise…

Mystérieux petits doigts chinois

Tuesday, October 17th, 2006

Sur un ton beaucoup plus léger que le précédent billet, il y a une question qui me hante depuis que je suis en Chine (^^) et à laquelle je n’ai toujours pas trouvée de réponse qui me satisfasse. En effet, une certaine proportion de mâles chinois (suffisamment importante pour que je la remarque) se laisse pousser l’ongle de l’un des deux auriculaires sur au moins deux bons centimètres.

La question est bien sûr pourquoi ? Tradition chinoise ? Sens de l’esthétisme totalement différent ? Aspect pratique ?

J’ai essayé de faire ma petite enquête auprès de mes connaissances mais je n’ai obtenu que des réponses vaseuses ou l’incompréhension de personnes qui ne s’en sont jamais aperçus.

Après une petite recherche sur internet, je m’aperçois que je ne suis pas le seul à m’en étonner. Une réponse avancée est que ce serait un signe de distinction sociale qui aurait perduré : avoir un long ongle montrerait que l’on ne travaille pas la terre.

Bref, certaines différences culturelles sont là où on ne les attend pas.

Relations sino-japonaises

Tuesday, October 17th, 2006

Aujourd’hui, j’aborde le sujet délicat des relations sino-japonaises, dont je ne pouvais pas ne pas parler étant donné mon intérêt pour les deux pays. Cela fait maintenant trois mois que je suis en Chine et depuis mon arrivée, même si je m’y attendais un peu, j’ai été à de nombreuses reprises frappé (parfois attristé aussi) de constater qu’il y avait un fort sentiment anti-japonais en Chine. Il faut dire que j’ai passé un mois à Dalian — qui se trouve en Mandchourie, qui fut occupée par le Japon de 1931 à 1945 — et que me trouve maintenant à Wuxi dans la province du Jiangsu, dont la capitale est Nankin, où a été perpétré le fameux « viol de Nankin ».

Les reproches que j’attends sont souvent les mêmes et ont bien sûr rapport avec la guerre sino-japonaise de 1937-1945.

- Les crimes de guerre et atrocités commis pendant cette période.

- Le fait que le gouvernement japonais n’accepte pas de s’excuser officiellement. À vrai dire, le Japon s’est excusé officiellement à de nombreuses reprises mais souvent en des termes trop formels qui les rendent peu sincères. On attendrait un symbole puissant comme Willy Brandt au ghetto de Varsovie.

- Les visites répétées et officielles de Koizumi au temple Yasukini, un temple dédié à l’esprit des soldats morts pour le Japon, où est enterré un certain nombre de criminels de guerre. La constitution japonaise indique pourtant que les visites à caractère religieux par un premier ministre doivent rester d’ordre privé. Elles permettent de satisfaire l’électorat japonais conservateur ou d’extrême droite mais sont souvent perçues comme un affront par la Chine (ainsi que la Corée).

- Des manuels scolaires japonais révisonnistes minimisant les crimes commis en Chine par les Japonais. Je ne connais pas assez les faits mais rappelons que parallèlement, la liberté d’expression et le libre accès à l’information sont toujours bafoués en Chine.

- Le souhait du Japon d’obtenir un siège de membre permanent au conseil de sécurité de l’ONU. Certains Chinois trouvent cela insupportable à cause des faits perpétrés par le Japon dans le passé. Mais le Japon est le pays qui accorde le plus de fonds aux Nations Unies et d’une manière générale aux aides publiques au développement (30 milliards de dollars donnés à la Chine…).

- Le cas de Taiwan, dont l’indépendance par rapport à la Chine continentale est soutenue par les Japonais. Taiwan fut aussi occupé par les Japonais, ce qui explique l’attachement « sentimental » (et quelque part mutuel) des Japonais à Taiwan.

Personnellement, j’y vois également deux autres raisons possibles :

- Les deux pays sont historiquement deux grand rivaux. Je l’avais déjà dit mais en Chinois, « Chine » veut littéralement dire « le pays du milieu ». La Chine était le centre culturel en Asie qui « rayonnait » sur les autres pays. Les Chinois sont d’ailleurs souvent assez fiers de me rappeler que leur culture a plus de quatre mille ans.

- Les relations politiques ont beau ne pas être au meilleur de leur forme, les relations économiques sont elles très bonnes : la Chine est le premier partenaire du Japon et le Japon le troisième de la Chine. Il y a de nombreuses entreprises japonaises installées en Chine. Les Japonais expatriés occupant souvent des postes haut placés, cela n’améliore pas l’image que leurs employés chinois ont des Japonais.

Malgré tout cela, quand on me dit que les Japonais sont des êtres arrogants, froids, cruels, et sans-coeur, j’appelle ça du racisme et de la stupidité. Mais d’un côté, je peux comprendre car dans un environnent anti-japonais, on le devient facilement aussi.

La semaine dernière, le nouveau premier ministre japonais Shinzo Abe a fait sa première visite à l’étranger en Chine. C’était la première fois en trente ans qu’un premier ministre japonais ne visitait pas les États-Unis en premier lieu. Ce fut aussi la première visite en 5 ans, ce qui montre que les relations entre les deux pays en étaient arrivées à un stade préoccupant. Les médias ici en Chine ont bien sûr largement couvert l’évènement et employaient souvent un ton très optimiste. Cette visite n’avait bien sûr pour but que de démarrer une nouvelle relation et non de traiter des questions délicates, ce qui aurait été totalement précipité. Ce sont donc les prochaines visites qui seront déterminantes. Lorsqu’interrogé concernant ses visites ou non au temple Yasukuni, Abe a répondu qu’il prendrait la bonne décision. Une réponse assez évasive et inquiétante quand on sait que Abe est dit être encore plus de droite que Koizumi et qu’il souhaite réformer la Constitution (qui en gros interdit actuellement au Japon d’avoir une armée). Éspérons que la pression d’une certaine partie de la population japonaise, qui souhaite l’amélioration des relations sino-japonaises, lui fera prendre la bonne décision. L’avenir est donc prometteur mais reste à déterminer…

Les relations sino-japonaises sont bien sûr à mettre en parallèle avec les relations franco-allemandes. La grande différence est que les efforts ont été multipliés depuis la Seconde Guerre mondiale pour favoriser « l’Amitié franco-allemande » (qui a parfois quelque chose d’hypocrite ou d’exagéré). Mais je n’ai pas l’impression que les Français détestent particulièrement les Allemands.

Voilà donc ce que j’en dis. Le Japon et la Chine sont deux géants en Asie et le sort de toute la région dépend d’eux. Qui plus est, les deux pays partagent tout de même une culture commune. J’espère donc que les deux pays pourront coexister en paix et dans de bonnes conditions à l’avenir.

Dalian, Liaoning

Thursday, September 21st, 2006

Début Juillet. Avant de se rendre à Dalian, il a bien sûr fallu aller à la gare de Pékin acheter mon ticket de train. C’est plutôt une aventure en soi quand cela fait à peine quelques jours que l’on se trouve en Chine et que les bases de Chinois acquises en France n’ont pas l’air d’encore bien fonctionner. J’étais donc content de me faire aider par une française ayant séjourné plusieurs fois en Chine. Acheter un ticket de train peut s’avérer stressant car après avoir pris part à l’une des longues files d’attente, lorsqu’arrive son tour, il faut bien sûr parler en Chinois (quelle jour ? quelle heure ? quelle destination ? couchette ou siège ? lit du haut ou du bas ?) mais surtout, il vaut mieux comprendre ce que nous dit l’employé assez rapidement car on sent bien la pression des Chinois derrière, qui commencent à s’impatienter car on est trop long. Il y a aussi les Chinois opportunistes qui avec un timing remarquable s’infiltrent juste devant vous, l’étranger visiblement un peu perdu, juste au moment où arrive votre tour. D’ailleurs, c’est un peu une constante en Chine quand j’attends à la caisse. Mais je ne sais pas s’ils profitent du fait que je sois étranger ou s’ils le font avec tout le monde. Encore une fois, il faut parfois savoir se faire respecter.

Je suis arrivé à Dalian après 17 heures de train. C’était un train dit lent, avec plus d’arrêts que sa version rapide (logique) qui elle ne nécessite que 12 heures. À peine arrivé à Dalian, j’ai tout de suite été surpris et séduit par le contraste… avec la grisaille de Pékin. Il faut savoir que la ville au cours du XIXème et XXème siècles a été successivement occupée par les Russes, Japonais puis Russes encore. Cela lui donne un héritage, une atmosphère et une identité tout à fait particuliers. Quelques photos.

Les cours à l’université des langues étrangères de Dalian se sont très bien passés. Chaque matin, j’avais trois heures de cours. Toutes les explications étaient toujours données en Chinois à l’exception de quelques mots d’anglais pour traduire des mots inconnus. Mais pour être franc, j’ai l’impression d’avoir beaucoup plus progressé grâce à l’environnement que grâce aux cours eux-mêmes. Il y a bien sûr la Chine et tous les petites actions de la vie quotidienne mais aussi les amis Chinois et surtout les amis étrangers, qui eux aussi suivaient les cours. La langue de communication entre les étrangers était naturellement le Chinois (et non l’Anglais, la langue internationale par excellence). Souvent il était plus facile de comprendre et de se faire comprendre entre étrangers, qu’avec les Chinois. Je suis bien content de m’être fait quelques amis vietnamiens, coréens et japonais avec qui j’espère garder contact longtemps. (Certains diront que j’ai parfois trop parlé Japonais pour quelqu’un venu apprendre le Chinois… ;-))

Dalian est aussi une station balnéaire et nous sommes donc allés plusieurs fois à la mer. L’eau n’était pas particulièrement propre et les gens très nombreux, mais cela permettait de vraiment se sentir en vacances malgré les cours du matin. Même si les Chinois voyagent de plus en plus à l’étranger (Paris…) et paraissent très nombreux, il faut savoir qu’une immense majorité des Chinois n’a toujours pas les moyens de s’affranchir de la caution de 10,000 元 environ, nécessaires en plus du prix du voyage, pour quitter le pays. Par conséquent, nombreux sont ceux qui voyagent à l’intérieur de la Chine (et Dieu sait qu’il y a des choses à voir…). Dalian semble une ville particulièrement appréciée pour profiter des joies de la mer et pour son climat relativement « frais » : 30°C contre plus de 35 dans le sud.

Je viens de regarder l’entrée de Dalian sur Wikipédia et ça m’a fait tout drôle de voir des photos de 中山广场 (place de la « montagne du milieu ») et 友好广场 (« place de l’amitié »), où je suis allé de nombreuses fois. なつかしい〜 comme on dit en Japonais. Hey mais j’ai quand même passé plus d’un mois là-bas et plein de souvenirs…